B R U N O __D E N I E L - L A U R E N T

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Merci Bertrand

Auteur : Bruno DENIEL-LAURENT

Cancer! (N° 3 - mars 2001)

 


 

Il y mille raisons d’assister à un concert de Bertrand Burgalat. Au moins pour saluer le talent d’un homme qui n’aura eu que des bonnes intuitions (fricoter avec Laibach, emballer Valérie Lemercier, métamorphoser Houellebecq en rock star, numériser la voix d’Ingrid Caven) mais également pour découvrir cette hallucinante gueule de gainsbourg viril, posée sur un vieux flight de gudard seventies, s’activant pour un show défiant toute catégorisation - à la fois plus kitsch qu’Amanda Lear et plus glacial que Joy Division. Il ne faut surtout pas manquer le spectacle délicieux de ses malicieuses globules oculaires de chouilleur en hyperglycémie continue, caressant dans le vague les premiers rangs. Puis il y a une loi chimique invariable : il n’y a pas beaucoup de monde dans les concerts de Burgalat, mais il n’y a que des gens beaux, plasticiens délicatement déjantés et donzelles métissées à la sobriété simulée. Et je crois que je n’oublierai jamais le mix post-concert de Burgalat [Angers / 01-02-2001] où dix créatures improbables (dont ses cinq musiciens d'AS Dragon) dansaient nonchalamment le jerk sur une programmation ahurissante hybridant S-Express, Fifth Dimension, Flying Lizards et le Johnny de la grande période (Les coups / quand ils vous arrivent / oh oui ! / ouais, ça fait mal ! ). Enfin de l’easy listening pour une jeunesse de fer !

Bertrand Burgalat, The Sound of music, Tricatel

Bruno DENIEL-LAURENT

Texte publié dans Cancer! (N° 3 - mars 2001)

© Bruno Deniel-Laurent

 

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